Jounayd : « Le soufisme c’est acquérir toute la qualité raffinée et éviter tout défaut dégradant ».

Abou Hassan Chadili : « Accoutumer (tadrib) l’égo à la soumission (à Dieu) et le ramener aux lois divines ».

Zakaria Anssari : « Le soufisme est une science dont l’objet est, d’une part, la connaissance de la conscience et de ses états raffinés ; d’autre part l’acquisition de la rectitude des comportements et la gestion de l’activité, aussi bien extérieure qu’intérieure ; le but étant d’atteindre le bonheur éternel ».
Ben Ajiba (dans ‘miâraj tahkik’) : « Le soufisme c’est la science des modalités de l’acheminement vers la présence du Roi des rois ; c’est également la purification de la conscience de ses vices (rada’il) et son embellissement par toutes les vertus (fada’il). Il est science au début, travail au milieu et don à la fin »[2].

Abou Bakr Al Kanan (m 233h.) : “Tassaouf ‘khoulouk’ (qualité, vertu). Plus tu es vertueux plus tu es soufi » [3].

Abou Hassan Nouri : « Le soufisme n’est ni une forme (rasme), ni une science livresque. Si c’était le cas, on pourrait l’acquérir grâce à l’effort et l’apprentissage. Le soufisme c’est se réaliser par les qualités divines (akhlaq) ».

« Le soufisme permet à l’homme d’être libre, généreux et naturel »[4].

Abou Said Al Kharaz (m 268h) : « Le soufi c’est celui dont le cœur, purifié par Dieu, est rempli de lumière. Il est également celui qui a atteint la véritable source du plaisir, et ceci grâce au dhikr ».

Jounayd Al Baghdadi (m 797h) : « Tassaouf : par Dieu tu meurs pour toi et tu vis pour lui ».

Abou Bakr Al Kanani (322h) : « Tassaouf : pureté (safaa) et percevance (contemplation) (mouchahada).

Jaafar Al Khaldi (348h) : « Tassaouf : abandonner l’égo et se soumettre (à Dieu) ; échapper à la nature humaine et être entièrement en état de contemplation divine »[5].

Ghazali : « Je me suis astreint à l’adoration de Dieu pendant une dizaine d’années. Au cours de mes retraites, j’ai fait tant de découvertes qu’il m’est impossible de les dénombrer. Mais ce que je peux dire avec certitude, est que les soufis sont les gens engagés dans la voie de Dieu par excellence. Leurs comportements sont les meilleurs, leur voie est la plus juste, leurs qualités sont les plus raffinées. Même si les penseurs, les sages et les savants coopèrent, tous ensemble, pour trouver des qualités et des comportements meilleurs ils ne sauraient y arriver. Toute leur activité et même leur passivité sont inspirées de la lumière qui éclaire cette terre ».

Dr Ahmed Sharbach, Professeur à l’université Azhar : « Le soufisme n’est pas de l’éloquence et des techniques d’expression ; il est ‘goûts et sentiments profonds’. On ne serait l’apprendre des feuilles et des livres, mais des maîtres des goûts. On ne peut l’obtenir par la parole mais par le compagnonnage des hommes accomplis »[6].

Dr Raouf Chabli, Professeur à l’université Azhar : « Le vrai soufi possède, en plus de la connaissance des sens et de la raison, le sentiment (alwajd), le sentiment profond et éclairé par l’expérience. Plus l’expérience s’approfondit, plus l’adepte progresse dans les domaines de l’inspiration, de la perception des grandes vérités, de la lucidité du cœur et de la vision (bassira). Le soufisme est dynamisme naturel dont jouit une élite (thoula) choisie par Dieu pour la Tariqa ».

Cheikh Shams Dine Al Fassi (maître de la voie Chadilia Fassia): « Le soufisme d’une façon générale, c’est se consacrer à l’adoration de Dieu et ceci dans une quête permanente de la connaissance et de la vérité. Le soufi se détache de son égo et s’éloigne de la recherche des désirs et des plaisirs. Il évolue ainsi, dans ce dépouillement, jusqu’à la station du ‘Ihsan’ où Dieu lui apparaît comme s’il le voit »[7].

Abdellah Talid : « Le soufisme, c’est l’âme de l’Islam et son secret (sir). C’est la discipline pure à quoi s’adonnaient les compagnons (sahaba) et la génération accomplie…Les soufis n’aspirent qu’à se réaliser par la station (makam) du Ihsan, laquelle est le secret de la fidélité (Ikhlas). Ils tentent d’atteindre le niveau de la conscience de ‘l’observance’ (mourakaba) (la vigilance) puis celui de ‘l’apercevance’ (mouchahada), niveaux exprimés dans le hadith ‘Ihsan’ c’est adorer Dieu comme si tu le vois, si tu ne le vois pas, Lui te voit. Ils se réalisent alors par la soumission complète et sans faille qu’enseigne le Prophète de l’Islam » ;
Hadith Jibril concernant les trois niveaux ‘Islam – Imane – Ihssane’ (cité par Mouslim, Termidi, Aboudaoud et Nassa’i) :

« Alors qu’un jour, nous étions assis autour du prophète, voilà qu’arriva un homme portant des habits très blancs et ayant des cheveux très noirs. Il ne semblait pas venir de loin, n’ayant sur lui aucune trace de voyage, et pourtant personne de nous ne le connaissait. L’inconnu s’est approché du prophète, s’est assis en face de lui, touchant ses genoux et posant ses mains sur ses cuisses. Ensuite il lui demanda : « Ô Mohamed, dis-moi ce que c’est que l’Islam ? »

Le prophète répondit : « L’islam est de faire le témoignage La-ilaha illa’lah Mohamed rassoulou’lah ; de faire la ‘salate’ (prière) ; la ‘zakate’ (aumône) ; le ‘ramadan’ (le jeûne) et le ‘haj’ si c’est possible (pèlerinage à la Mecque) »

Puis il a demandé : « Parle moi de l’Imane »

Le prophète a répondu : « Imane est de croire en Dieu, à ses anges, à ses livres, à ses envoyés, au jour dernier et au destin… »

Puis il a demandé : « Parle moi de l’Ihssane »

Le prophète a répondu : « L’ihssane est que tu adores Dieu comme si tu le vois, si tu ne le vois pas, Lui te voit ».

[1] Ben Rochd Er Rachid- Soufisme- Déchra- pp32-36.

[2] Abdellah Tadili- Al moutrib – Edition E.I.D.N ; Tétouan 1987.

[3] Hassan Aâlam et Abdel Mounîm Khandil- Aâlam soufia- p32.

[4] Idém p12.

[5] Idém p35.

[6] Kadiri Abdessadak- Noubough Soufi- Edition Dar Nachr charkiya- Oujda 1998.

[7] Hassan Aâlam et Abdel Mounîm Khandil- Aâlam soufia.

Ahmed Zarouk : « C’est la science de la purification des cœurs. Sa finalité est d’orienter ces cœurs de telle sorte qu’ils se consacrent à Dieu et uniquement à Dieu ».”